Intervention Débat d’orientations budgétaires 2026

Merci Monsieur le Maire.
Mes chers collègues,

Vous vous en doutez, Génération.s soutient les orientations budgétaires qui sont présentées aujourd’hui. Et puis je veux le dire clairement, c’était un petit peu abordé par Madame Dilouya d’ailleurs -mais uniquement sur le plan du budget écologique, mais c’est vrai dans l’ensemble des budgets des collectivités-, on est dans un contexte national où les communes sont malmenées. Je parle sur le plan budgétaire et dans ce contexte-là, notre ville fait montre d’une solidité et d’une détermination exemplaires. Quiconque lit ce rapport d’orientations budgétaires doit le reconnaître.

Les décisions nationales depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir -et même, il faut avoir l’honnêteté de le dire, dans le quinquennat précédent- pèse lourdement sur les communes et donc sur Alfortville.

Sans entrer dans les détails, on peut affirmer que l’État bloque nos recettes pendant que nos dépenses contraintes sont appelées à progresser. Cela revient à asphyxier les collectivités et en faire finalement des variables d’ajustement du budget national. Alors même que depuis 2017, depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir, la dette publique a augmenté de 1200 milliards… 1200 milliards !… et il voudrait que les collectivités fassent des efforts pour diminuer la dette globale du pays. Je dirais que les collectivités -et en tout cas Alfortville, ça c’est certain- sont de bons gestionnaires parce que quand on transfère toujours plus de charges sans compensation intégrale, quand on supprime la taxe d’habitation etc. etc. (il y a 50 exemples), c’est les communes qui doivent absorber, et Alfortville en l’espèce. Alors les macronistes ou la droite appellent ça « rigueur budgétaire« . Moi, j’appelle ça « désengagement de l’État« . Et je dirais même « désengagement de la République« .

Alors dans ce contexte, malgré cela, malgré tout ce contexte, nous, Alfortville, nous maintenons nos engagements et nous entendons même les accélérer. Je suis heureux que tout le monde ait lu le programme municipal qui le démontre, parce que les Alforvillaises et les Alfortvillais n’ont pas à payer des choix nationaux qui ne sont pas les nôtres, qui ne sont pas les leurs.

Alors, vous me permettrez d’évoquer en particulier -tropisme personnel- le social et la santé. Les deux étant fortement liés à l’échelle communale : parce qu’une personne aisée trouvera toujours un rhumatologue ou un cardiologue pour se soigner, quand une personne modeste se retrouve régulièrement en rupture de soins quand ses difficultés personnelles s’amoncellent.

Donc sur le social : comme vous le savez toutes et tous, vous lisez les journaux, nous vivons dans un pays où la pauvreté progresse. C’est 10 millions de personnes sous le seuil de pauvreté et à Alfortville c’est 21% de la population. Et comme j’aime pas les pourcentages, il faut savoir que cela représente plus de 9000 personnes à Alfortville qui vivent sous le seuil de pauvreté. Et je passe sur le fait qu’on a un nombre de bénéficiaires du RSA ou de bénéficiaires de la CSS important évidemment aussi.

Donc dans ce contexte national et malgré tout cela, je vous rappelle au passage que le gouvernement envisage de plafonner les aides sociales au travers de son « Allocation de Solidarité Unifiée« . C’est-à-dire qu’au moment même où la pauvreté explose dans le pays, ils ne trouvent rien de mieux à faire que de considérer que les pauvres touchent beaucoup trop d’argent.

Toujours est-il qu’à Alfortville, nous on fait le choix inverse et on renforce notre action sociale, notamment au travers du CCAS, comme vous le savez, dont les moyens -c’est inscrit dans le ROB- ont été régulièrement augmentés ces dernières années. Quand je dis « régulièrement », c’est même « drastiquement » année après année. Vous savez qu’on accompagne les publics les plus fragiles et on soutient évidemment les associations qui sont un premier rempart contre la précarité. Et vous me permettrez d’en profiter pour saluer les associations en question, qu’on retrouvera au Conseil d’administration du CCAS très prochainement, dans une gestion paritaire.

Donc concrètement, cela voudra dire sous peu -et pas forcément en 2026 comme l’a dit Monsieur le Maire, mais aussi en 2026- des actions en faveur des plus en difficulté. Je pense à la mutuelle santé communale, en rappelant qu’il y avait une enquête du Secours populaire -je crois en 2025, peut-être 2024- dans laquelle 30 % des répondants disaient avoir les pires difficultés, voire l’impossibilité d’avoir une mutuelle. Donc pour le coup, ça n’a l’air de rien mais c’est une action absolument importante.

Et puis des actions en faveur des familles monoparentales aussi. Pour donner un chiffre concret aussi : à Alfortville, c’est 2600 foyers monoparentaux dont le parent est une femme (comme dans l’immense majorité des cas).

Et puis de nouveaux lieux pour favoriser l’accès au droit et les logements d’urgence etc.

Et puis il y a la santé, avec l’extension des deux centres municipaux de santé. Et puis la création d’un troisième centre. Et puis d’autres actions que vous avez tous vues dans le programme municipal.

Et à propos de santé, ce n’est pas une politique nouvelle. Sous votre impulsion, Monsieur le Maire, la politique de santé a toujours été extrêmement importante et je dirais « précurseur ». Pour l’anecdote, je me souviens d’un maire du 94 pendant la vaccination Covid qui était venu ici se faire vacciner et qui était épaté que vous ayez mis en place plusieurs centres de santé quand lui n’en avait pas. Et au moment du Covid, il le regrettait amèrement. C’est une anecdote, mais qui montre que la politique santé est assez ancienne à Alfortville et qu’on va l’accélérer encore plus.

Et puis évidemment, je ne parle pas de la politique seniors et handicap -et j’en profite pour saluer mes mes collègues Fatima Khallouk et et Julie Cordesse- qui vont évidemment être accélérées.

Alors, quelle que soit, mes chers collègues, la fragilisation des communes que j’ai évoquée plus haut et quelles que soient les dotations attribuées à Alfortville ou les rentrées fiscales qui sont freinées, notre ville choisit la solidarité, l’investissement et donc l’avenir. Et si nous pouvons le faire aujourd’hui, rappelons-le une nouvelle fois, c’est parce qu’hier la ville a été bien gérée et que nous avons su dégager des marges pour l’investissement. Donc nous assumons absolument ces orientations. Nous défendons et continuerons de défendre une vision sociale pour Alfortville.

Nous sommes la protection. En attendant d’être, peut-être, la résistance.

Je vous remercie.